Guide d'utilisation et de connaissance du Champagne

  Préambule Brut et Bruts, Nuances Les Champagnes aux champs, Histoire Notes de voyage à Londres et St Petersbourg Lexique Les mots pour le dire

 

NOTES de VOYAGE à LONDRES

 

 

 

Les Anglais et les Russes aiment les Champagnes depuis longtemps et sont, en fait, de véritables connaisseurs...

Il y a des liens particuliers entre la Champagne et l'Angleterre : peut-être est-ce parce que toutes deux ont des falaises de craie ou est-ce simplement pour des raisons historiques ? En effet, au XVIIe siècle, REIMS était un grand centre textile et son vin était offert en cadeau aux clients venus de partout et surtout d'Outre-Manche. La demande en provenance de Grande-Bretagne était telle qu'elle modifia jusqu'au type des vins de Champagne. Contrairement aux Français qui, à l'époque, aimaient des Champagnes assez doux, les Anglais étaient demandeurs de vins plus secs à consommer tout au long du repas. C'est à leur intention que les Champagnes s'intitulèrent "Brut" vers 1876. Depuis leur passion pour les Champagnes ne s'est jamais démentie, même si leur goûts diffèrent des nôtres. Les Anglais aiment les Champagnes matures, vieillis en cave, au goût plus vineux, mûri, ample. Ils ont conservé l'habitude de les consommer comme des vins en accompagnement d'un repas tout entier et en sont très friands...


La Grande-Bretagne, rejointe aujourd'hui par l'Allemagne, est un tout premier marché à l'exportation des Champagnes, même si l'on sait que seulement 4 millions d'Anglais en consomment et que parmi eux 15% font 65% du marché !
Ce sont eux qui perpétuent une tradition de gastronomie et de culture oenologique très vivante en Angleterre. La demande du moment, encouragée par les sommeliers des grands établissements britanniques, va aux cuvées de prestige. On en sert à des prix... très prestigieux, et à la coupe plusieurs fois par semaine au "Pont de la Tour", le restaurant très en vogue de Terence Conran.


Les Anglais choisissent aussi volontiers des Champagnes pour accompagner des cuisines venues d'ailleurs : ils en raffolent avec la cuisine italienne (notamment celle servie au restaurant de l'Hôtel Halkin) et japonaise (Le Blanc de Blancs s'accorde bien avec sushis et sashimis).


Les Londoniens de la City, ceux qu'on à appelés les Yuppies, aiment à déguster les Champagnes dans les bars à vin (et à Champagne) à la coupe comme introduction à leur soirée. Cet engouement est devenu manifeste pendant les prospères années 80 que l'on évoque aujourd'hui comme les années "Champagnes Charlies and Yuppies".
Depuis tous les brokers se retrouvent au Champagne bar de Corney and Barrow, face à la patinoire, lors du Broomball annuel.


Enfin, pour de très nombreux Londoniens, offrir une bouteille de Champagne est un cadeau qui vaut bien des bouquets ou des paires de chaussettes en cachemire...

Ou déguster ?

Les bars :

  • Corney and Barrow : Dans la City, 12 Helmet Row, Londres.
  • Balls Brothers : 5 bars dans la City. 
  • Champagne Charlie's : 17 the Archies Villiers ST, WC2N, dont le nom est en lui-même tout un symbole !
  • Les bars des hôtels Meridien et Ritz à Piccadilly.
  • Bubbles Bar and Bistro : 41 North Audley, W1Y dont le nom est également magique.

 

Et dans les restaurants à la mode :

  • Les Saveurs : 37a Curzon St Mayfair W1Y
  • Le Pont de la Tour : Butlers Wharf Building 36 Shad Thames SE1
  • Le Bibendum : Michelin House, 81 Fulham Road SW3.

NdlR:Si vous avez d'autres bonnes adresses à Londres, vous pouvez me les communiquer !  

 

NOTES de VOYAGE à St PETERSBOURG

 

 

La Russie est aussi complice du Champagne, voici l'histoire de la Veuve Clicquot:

La Grande Dame de la Champagne

 

*La russie possède beaucoup d'or et paie le Champagne avec cet or,ce qui explique aussi le développement fulgurant des grandes Maisons de Champagne.

L'histoire de la Maison Clicquot débute en 1772, lorsque Philippe Clicquot épouse Mademoiselle Muiron qui, dans sa dot, apporte huit hectares de vignes situés vers Bouzy. Philippe Clicquot, jusque là banquier et lainier, va consacrer une partie de son temps à l'exploitation de ce vignoble. Le succès aidant, il délaisse peu à peu ses autres activités pour se recentrer sur le champagne. En 1799, son fils François se marie avec Nicole Barbe-Ponsardin. En 1801, le jeune couple reprend le vignoble. Les ventes, qui étaient de 1700 bouteilles en 1798, passent, quatre ans après, à 24000 unités. L'année 1805 est terrible pour Nicole Clicquot-Ponsardin, qui voit le décès de son mari. Après avoir observé une période de veuvage de quatre mois, elle décide de reprendre en main la Marque et la rebaptise "Veuve Clicquot-Ponsardin".

Secondée par Monsieur Bohne, pour le développement commercial, elle s'allie avec Jérôme Fourneaux, qui sera chargé de l'achat et de l'assemblage des raisins. Fourneaux va nettement améliorer la qualité de la production, tandis que Bohne, grand voyageur, explore l'Europe pour vendre les bouteilles. La Cour de Russie* et nombre de palais deviennent ainsi d'importants clients. Frédéric-Guillaume IV de Prusse est même surnommé "le roi Clicquot" !

Pendant ce temps, Nicole Clicquot-Ponsardin est partout, veille à tout, et mène son affaire d'une main de fer, dans un gant de velours. En 1816 elle met au point un procédé qui révolutionne le monde du Champagne et qui est toujours utilisé : La table de remuage, bientôt améliorée et transformée en pupître. Le procédé du remuage est la clé de voûte du champagne car il contribue à obtenir un vin clair, débarrassé des dépots. En 1821, Monsieur Bohne meurt, Nicole Clicquot-Ponsardin fait alors venir un jeune Allemand, Edouard Werlé. Leur entente est excellente et la Maison progresse de façon spectaculaire. En moins de 10 ans Edouard Werlé ets porté au rang d'associé. En 1831 il décide d'adopter la nationalité française et sera élu maire de Reims, en 1850. Nicole Clicquot-Ponsardin avait fait édifier un château de style Renaissance à Boursault, pour sa fille, son gendre et sa petite-fille. Elle y meurt en juillet 1866 laissant la Maison à Edouard Werlé.

 

 

Appartenant maintenant au Groupe Moët-Hennessy-Louis-Vuitton, la Maison est dirigée par Joseph Henriot. Les exportations poursuivent leur progression, atteignant 86% des 7.1 millions de bouteilles distribuées. Pour rendre hommage à celle qui fut surnommée "La Grande Dame de la Champagne", les dirigeants ont faits "renaître" la cuvée de prestige "La Grande Dame". Cette renaissance, et l'ouverture récente de la Russie, ont permis à la Maison d'être la première à retourner dans l'ex-URSS, et ainsi, de marcher dans les traces de la Vve Clicquot, et de s'apercevoir que, là-bas, personne n'avait oublié la Marque. Il faut dire que de Pouchkine à Tchecov, en passant par Gogol, de nombreux écrivains russes ont célébré le champagne de "la Veuve". D'ailleurs, dans ce pays, "Champagne" se dit "Klikofskoe", traduction de "Veuve Clicquot". Au printemps 1992, la Maison a invité de nombreux journalistes à découvrir - ou redécouvrir - Saint Petersbourg, et le Pavillon des Roses. Cette petite villa, dotée d'un salon central, surmonté d'une coupole, faisait partiedu parc du Palais de Pavlovsk. En 1811, l'impératrice douairière Maria Feodorovna acquit ce pavillon, le redécora, l'entoura d'une multitude de rosiers, et le rebaptisa. En 1814, Maria Feodorovna fit ajouter une vaste salle de bal, où fut célébrée la défaite de Napoléon 1 er, et la fin des hostilités. Hélas, la Seconde Guerre Mondiale apporta son lot de ruines et de désolation sur ce charmant édifice.

Depuis 1983, La Maison Veuve Clicquot-Ponsardin apporte son concours aux minutieux travaux de restauration du Pavillon des Roses. Il est une autre demeure, à laquelle la Marque accorde une attention particulière : son siège social. Ce qu'il est convenu d'appeler "l'établissement du Temple", doit son nom à une église des Templiers, qui devint, en 1791, une maison de détention pour dettes, puis, une prison pour criminels. Au début du XIXe siècle, ces bâtiments furent vendus, et presqu'entièrement abattus. C'est dans une partie sauvegardée, que Madame Clicquot installa ses bureaux, caves et celliers.

 

 

A la conquête de Saint-Petersbourg !

En 1840, Edouard Werlé initia la construction de l'Hôtel du Marc, aujourd'hui utilisé, comme le superbe Pavillon de Muire, lors des réceptions d'hôtes de marque. Ces deux batisses portent encore, sur leurs façades, les stigmates des bombardements de REIMS, durant la Première Guerre Mondiale, qui entrainèrent la destruction des bâtiments de la rus du Temple. Leur reconstruction, achevée en 1936, est toujours l'objet d'aménagements divers, dans le même souci d'en conserver la belle apparence. Depuis le début du siècle, la gamme des Champagnes Vve Clicquot, Brut, Brut millésimé, Rosé millésimé, et La Grande Dame - cuvée de prestige millésimée - est élaborée et "travaillée" aux "crayères". L'année 1993 reste placée, pour la Maison, sous le signe de "La Grande Dame".

S'il pouvait déguster ce vin, Pouchkine saluerait, comme il l'a déjà fait, "de la Veuve clicquot, le vin béni qui pétille, pour le poète, comme les eaux d'Hippocrène"

Note de l'auteur: Je ne possède aucun intérêt dans la Maison Clicquot, mais je tenais à saluer La Grande Dame.

 

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